
Troisième peau
Peinture acrylique sur toile, pinceaux, aérographe, feutres, 80 x 160 cm
La peinture est un diptyque. Il s’agit de mettre en tension deux images du monde.
A gauche, sur un fond patiné et texturé, en clair obscur, un portrait féminin de trois quart avec un seul oeil visible au regard intense.
A droite, dans la même gamme brun-rougeâtre, l’image d’une ville moderne abandonnée et ruinée. Pas d’explication sur la raison de la catastrophe.
L’image de référence est une vue de l’île d’Hashima, île japonaise qui, pour des raisons d’exploitation minière, a été entièrement remplie de d’immeubles pour loger les ouvriers. Quand la mine s’est arrêtée en 1974, après des décennies d’intense exploitation faisant de cet endroit un des plus peuplé de la planète, tout le monde est parti et l’île est devenue une ville fantôme.
Ce sont les ouragans et les typhons qui se sont chargés de la détruire partiellement. Elle est devenue un lieu touristique et a même servi de décor au fim de James Bond « Skyfall » (2012).
J’opère ici un effet d’analogie formelle et chromatique dans la composition, analogon en grec.
Mon propos est aussi et surtout de percevoir l’architecture comme une métaphore de l’humain.
Le peintre autrichien, Friedensreich Hundertwasser, considérait l’humain avec cinq peaux: la première est notre peau, la deuxième, nos vêtements, la troisième, notre habitation, la quatrième, notre environnement et la cinquième, notre planète.
Il s’agit ici de percevoir, les murs comme de la peau, les fenêtres comme des yeux, les portes comme des bouches…